Les enseignements tirés de six décennies d'acquisition d'armement en Suisse parlent d'eux-mêmes : ce dont la Suisse a besoin, ce n'est pas une énième réorganisation interne au sein du DDPS, mais une césure institutionnelle -- une autorité d'acquisition indépendante et spécialisée, sur le modèle de la FINMA ou de l'IFSN. Cette page analyse les meilleures pratiques internationales, formule dix critères pour une autorité d'acquisition moderne et présente une structure organisationnelle concrète.
Remarque : Cette page contient, outre des faits documentés, des analyses et conclusions propres de l'auteur, signalées comme telles. La structure organisationnelle proposée est une contribution au débat, et non une solution définitive. Pour l'analyse détaillée des faiblesses de l'actuelle armasuisse, voir Faiblesses d'armasuisse.
Depuis l'affaire Mirage de 1964, la Suisse a connu de nombreuses réorganisations de son acquisition d'armement : Division technique militaire (KTA) → Groupe de l'armement (GRD) → Office fédéral des entreprises d'armement → armasuisse (2004). Chacune de ces réformes a opéré dans le même cadre institutionnel : une unité administrative subordonnée et soumise aux directives du DDPS [1].
Les rapports du Contrôle fédéral des finances (CDF), des Commissions de gestion (CdG) et du Contrôle parlementaire de l'administration (CPA) documentent depuis des décennies les mêmes schémas structurels : manque d'expertise contractuelle, dépassements de coûts, indépendance d'évaluation insuffisante et influence politique sur les décisions techniques [2] [3]. Pour une analyse détaillée de ces faiblesses, voir Faiblesses d'armasuisse.
La stratégie d'armement du Conseil fédéral de juin 2025 aborde certes dix champs d'action, mais ne touche pas à la structure institutionnelle fondamentale [4]. Elle continue d'opérer dans le cadre existant -- armasuisse comme office fédéral soumis aux directives du DDPS.
Le modèle des quatre cercles de la gouvernance d'entreprise de la Confédération (rapport du Conseil fédéral 2006) distingue quatre cercles d'autonomie croissante [5] :
armasuisse opère dans le Cercle 2 -- avec mandat de prestations et budget global, mais sans personnalité juridique propre, sans droit du personnel propre et sans organe de surveillance propre. La cheffe du DDPS dispose d'un plein pouvoir de directives [6].

Modèle des quatre cercles : armasuisse (Cercle 2) doit être transférée au Cercle 3 -- le même niveau institutionnel que la FINMA, l'IFSN et Swissmedic.
Analyse de l'auteur : Les approches de réforme passées peuvent être classées en quatre catégories, toutes opérant dans le cadre institutionnel existant :
Un regard au-delà des frontières montre que de nombreux Etats ont institutionnellement séparé leur acquisition d'armement des forces armées. L'aperçu suivant se fonde sur les sites officiels des autorités et le rapport de la Bibliothèque du Parlement du Canada [7].
La Defense Acquisition Program Administration (DAPA) a été créée en 2006 en tant qu'autorité indépendante pour centraliser les acquisitions auparavant réparties entre les différentes branches des forces armées. Plus de 70 pour cent des collaborateurs sont des civils -- une rupture délibérée avec la tradition dominée par les militaires. DAPA gère un budget d'acquisition de plus de 7 billions de KRW (2024) [8].
La Försvarets materielverk (FMV) est l'autorité d'acquisition suédoise, comptant environ 1'200 collaborateurs et un volume de commandes de 68,3 milliards de SEK (2024). La constitution suédoise interdit aux ministres d'intervenir dans les décisions opérationnelles des autorités gouvernementales (interdiction ministérielle). La séparation entre le donneur d'ordre (Försvarsmakten, les forces armées) et l'exécutant (FMV) est ancrée institutionnellement [9] [10].
Defence Equipment & Support (DE&S) emploie environ 10'000 collaborateurs et gère un budget annuel de 12,2 milliards de GBP (2024/25). En tant qu'Executive Agency du ministère de la Défense, DE&S opère sur une base Arm's Length avec son propre conseil d'administration et sa propre grille salariale. Selon le rapport annuel 2024/25, DE&S a pu respecter ou être en dessous du budget pour 97 pour cent des projets [11] [12].
La Direction générale de l'armement (DGA) emploie environ 10'100 collaborateurs, dont 60 pour cent d'ingénieurs. Elle dispose de ses propres centres d'essais et assure la gestion du cycle de vie sur toute la durée d'utilisation des systèmes. La DGA est une direction centrale au sein du ministère de la Défense, mais sa position est de facto forte grâce à son expertise technique [13] [14].
En décembre 2025, l'Australie a annoncé la plus grande réforme de son acquisition de défense depuis plus de 50 ans : l'actuelle CASG sera transformée en une Defence Delivery Authority (DDA) autonome, qui fonctionnera comme une Non-Corporate Commonwealth Entity (pleinement opérationnelle à partir de 2027). Un nouveau National Armaments Director rend compte directement au ministre de la Défense [15].
Le Canada a fondé en octobre 2025 la Defence Investment Agency (DIA) en tant qu'autorité indépendante, destinée à remplacer le système actuel, fortement critiqué. Le cadre BUILD-PARTNER-BUY priorise la participation industrielle canadienne. La base légale est attendue pour le printemps 2026 [16] [17].
Allemagne -- BAAINBw : L'Office fédéral de l'équipement, des technologies de l'information et du soutien en service de la Bundeswehr emploie environ 10'000 collaborateurs, mais souffre de 17 pour cent de postes vacants et de retards chroniques. Malgré sa taille, il reste un office fédéral, subordonné au BMVg et imbriqué dans la bureaucratie.
Pays-Bas -- COMMIT : Le Kommando Materieel en IT, créé en 2023, fait partie intégrante du ministère de la Défense avec une autonomie limitée [18].

Scatter-Plot : Plus l'autorité d'acquisition est indépendante, plus la séparation entre le donneur d'ordre et l'acquéreur est claire (vert). La proposition suisse vise la plus haute indépendance.

Matrice colorée : Evaluation des 7+2 autorités d'acquisition selon six caractéristiques clés. Vert = fort, Jaune = moyen, Rouge = faible.
Analyse de l'auteur : De la recherche internationale et de la pratique des autorités d'acquisition performantes, on peut déduire dix critères fondamentaux. Ceux-ci servent de référence analytique pour l'évaluation de l'actuelle armasuisse et de la nouvelle autorité proposée.
| N° | Critère | Description | Référence |
|---|---|---|---|
| 1 | Indépendance institutionnelle | Séparation entre l'utilisateur (armée) et l'acquéreur ; pas de subordination pour les décisions techniques | Principes OCDE [19], FINMA/Swissmedic comme modèles suisses |
| 2 | Compétence technique | Corps d'ingénieurs propre avec expertise en ingénierie des systèmes, droit des contrats et gestion de programmes | DGA France (60% d'ingénieurs) [13], FMV Suède [9] |
| 3 | Contrôle des coûts sur le cycle de vie | Prise en compte des coûts globaux sur le cycle de vie, pas seulement le prix d'acquisition | UK DE&S [11] |
| 4 | Transparence et anticorruption | Divulgation systématique des décisions d'acquisition, des coûts et des calendriers | Transparency International Defence Index [20] |
| 5 | Surveillance parlementaire | Surveillance spécialisée des acquisitions avec compétence technique | Rapport CPA [2] |
| 6 | Promotion de la concurrence | Appels d'offres ouverts comme règle ; procédure sur invitation comme exception motivée | Principes OCDE [19] |
| 7 | Promotion de l'innovation | Budgets à risque pour les nouvelles technologies ; prototypage et développement en spirale | UK DASA |
| 8 | Interopérabilité | Normes OTAN (STANAGs) comme condition de soumission | NATO Standardization Office |
| 9 | Rapidité | Maximum cinq ans du lancement du projet à la première livraison pour les acquisitions standard | UK Integrated Procurement Model |
| 10 | Gestion du personnel | Salaires compétitifs ; rotation entre administration et industrie | DE&S Trading Entity [11], DGA Corps [13] |
| N° | Critère | armasuisse aujourd'hui | Organisation idéale |
|---|---|---|---|
| 1 | Indépendance institutionnelle | 1 -- Soumise aux directives (Cercle 2) | 5 -- Personnalité juridique propre (Cercle 3) |
| 2 | Compétence technique | 2 -- Limitée | 5 -- Corps d'ingénieurs propre (modèle DGA) |
| 3 | Contrôle des coûts sur le cycle de vie | 2 -- Focus sur le prix d'acquisition | 4 -- TCO comme méthode standard |
| 4 | Transparence | 2 -- Le CDF critique régulièrement | 4 -- Divulgation systématique |
| 5 | Surveillance parlementaire | 2 -- CPS avec accès limité | 5 -- Obligation directe de rendre des comptes |
| 6 | Promotion de la concurrence | 2 -- 97% hors règles OMC (CPA 2007) | 4 -- Appel d'offres ouvert comme règle |
| 7 | Promotion de l'innovation | 2 -- Pas de budget à risque dédié | 3 -- Secteur innovation |
| 8 | Interopérabilité | 3 -- Partiellement compatible OTAN | 4 -- STANAGs comme critère obligatoire |
| 9 | Rapidité | 1 -- Retards systématiques | 3 -- Objectif : max. 5 ans standard |
| 10 | Gestion du personnel | 2 -- Classes salariales LPers | 5 -- Droit du personnel propre |

Diagramme à barres horizontales : La moyenne d'armasuisse est de 1,9 sur 5 points, l'organisation idéale de 4,2. Les plus grands écarts concernent l'indépendance, la rapidité et la gestion du personnel.
Analyse de l'auteur : Les dix critères sont condensés en cinq principes fondamentaux applicables au contexte suisse.
| Principe | Description | Modèle international | Cadre juridique suisse |
|---|---|---|---|
| 1. Indépendance institutionnelle | Autorité fédérale autonome, non subordonnée au DDPS | FMV Suède (interdiction ministérielle) [9] | Etablissement de droit public (Cercle 3), analogue FINMA/IFSN [21] [22] |
| 2. Séparation donneur d'ordre/acquéreur | L'armée définit les besoins, l'autorité acquiert | FMV vs. Försvarsmakten (SE), MOD vs. DE&S (UK) | Loi spéciale analogue à la LIFSN |
| 3. Indépendance du personnel | Personnel spécialisé propre (ingénieurs, juristes, économistes) | DGA (60% d'ingénieurs) [13], DAPA (70% de civils) [8] | Droit du personnel propre (analogue ordonnance sur le personnel FINMA) [23] |
| 4. Liberté vis-à-vis des pressions pol./mil. | Evaluations sans prédéterminations | Principes OCDE [19] | Règles d'incompatibilité pour le Conseil de l'autorité |
| 5. Contrôle parlementaire | Surveillance spécialisée avec accès aux documents | CDF (budget directement du Parlement) [24] | CPS renforcée ou nouvelle surveillance des acquisitions |

Radar-Chart : Les cinq principes fondamentaux en comparaison. armasuisse (rouge) n'atteint pour aucun principe plus de 2 sur 5 points.
Analyse de l'auteur : La forme juridique proposée est l'établissement de droit public -- la même forme juridique que la FINMA (LFINMA, RS 956.1) [21], l'IFSN (LIFSN, RS 732.2) [22] et Swissmedic (LPTh, RS 812.21) [25]. Cette forme juridique offre :
Conseil de l'autorité (7-9 experts) :
Direction (CEO + responsables de domaine) :
Commission de surveillance parlementaire :
L'autorité s'articule en cinq domaines spécialisés et des fonctions d'état-major :
Fonctions d'état-major : Droit, compliance, communication

Organigramme : La nouvelle autorité est subordonnée au Conseil fédéral (objectifs stratégiques), et non au DDPS. L'armée fournit les exigences, mais n'a aucune influence sur les évaluations.

Modèle de gouvernance : Organigramme des responsabilités. Bleu = mandat/contrôle, Vert = livraison/information, Rouge = vérification (CDF), Orange = exigences (armée).
Analyse de l'auteur : Les trois formes juridiques en comparaison :
| Critère | GMEB (Cercle 2) | Etablissement (Cercle 3) | SA (Cercle 4) |
|---|---|---|---|
| Indépendance | Faible (soumis aux directives) | Elevée (personnalité juridique propre) | Très élevée |
| Contrôle démocratique | Total (via le département) | Elevé (via Conseil de l'autorité + Parlement) | Limité (via CA) |
| Flexibilité du personnel | Aucune (LPers) | Elevée (droit du personnel propre) | Très élevée |
| Risque d'autonomisation | Aucun | Faible (Conseil de l'autorité comme contrôle) | Elevé (cf. RUAG) |
| Délai de mise en œuvre | 6-12 mois | 3-5 ans | 5-7 ans |
| Décision du Parlement | Non (ordonnance du Conseil fédéral) | Oui (loi fédérale) | Oui (loi spéciale) |
| Aptitude | Insuffisante | Optimale | Surdimensionnée |
L'IFSN comme précédent : L'IFSN a été créée en 2009 en transformant l'ancienne Division principale de la sécurité des installations nucléaires (DSN) -- un service subordonné à l'Office fédéral de l'énergie -- en un établissement de droit public autonome [22]. C'est exactement la même transformation structurelle qui est proposée pour armasuisse.
Le rapport CPA 2007 a documenté l'absence de stratégie d'acquisition cohérente comme conséquence directe de l'imbrication institutionnelle entre l'armée et l'acquisition [2]. Au niveau international, la Suède (FMV vs. Försvarsmakten), le Royaume-Uni (MOD vs. DE&S), l'Australie (DDA) et la Corée du Sud (DAPA) montrent tous une séparation institutionnelle claire.
Le modèle DGA le montre : 60 pour cent d'ingénieurs réduisent la dépendance vis-à-vis des fabricants et permettent une évaluation technique autonome [13]. DAPA a explicitement misé lors de sa création en 2006 sur un quota de 70 pour cent de civils comme mesure de réforme [8].
La Commission de la politique de sécurité (CPS) n'a aujourd'hui qu'un accès limité aux dossiers d'évaluation. Une surveillance spécialisée des acquisitions -- analogue à la Délégation des finances -- dotée d'expertise technique renforcerait le contrôle démocratique. Modèle : Le CDF (Contrôle fédéral des finances) reçoit son budget directement du Parlement et n'est pas soumis aux directives [24].
Analyse de l'auteur :

Avant-après : A gauche la situation actuelle (pouvoir de directives de la cheffe du département, influence politique), à droite la structure proposée (autorité spécialisée indépendante, l'armée uniquement comme fournisseur d'exigences).
| Dimension | armasuisse aujourd'hui | Organisation idéale |
|---|---|---|
| Forme juridique | Office fédéral (Cercle 2) | Etablissement de droit public (Cercle 3) |
| Subordination | Cheffe du DDPS | Conseil fédéral (stratégique), Conseil de l'autorité (opérationnel) |
| Soumission aux directives | Oui (pilotable politiquement) | Non (indépendance technique) |
| Personnalité juridique propre | Non | Oui |
| Droit du personnel | Loi sur le personnel de la Confédération | Droit du personnel propre |
| Flexibilité salariale | Classes salariales LPers | Salaires de spécialistes conformes au marché |
| Conseil de l'autorité | Aucun | 7-9 experts indépendants |
| Surveillance parlementaire | Indirecte (via DDPS) | Directe (rapport de reddition de comptes) |
| Séparation client/acquéreur | Formelle, non institutionnelle | Ancrée institutionnellement |
| Indépendance des évaluations | Influencée politiquement | Indépendance technique |
Analyse de l'auteur, basée sur des benchmarks internationaux :
Analyse de l'auteur : Une réforme institutionnelle de l'autorité d'acquisition ne résout pas tous les problèmes :
La Constitution fédérale suisse et la loi sur le Parlement offrent cinq voies pour initier une réforme institutionnelle de l'acquisition d'armement :
| Voie | Instrument | Délai | Parlement nécessaire | Force obligatoire |
|---|---|---|---|---|
| 1. Conseil fédéral | Modification OOrg-DDPS (GMEB) | 6-12 mois | Non | Ordonnance, modifiable en tout temps |
| 2. Postulat | Mandat d'examen au Conseil fédéral | 1-2 ans | Une Chambre | Le Conseil fédéral doit examiner et faire rapport |
| 3. Motion | Mandat législatif contraignant | 2-3 ans | Les deux Chambres | Le Conseil fédéral doit présenter un projet de loi |
| 4. Initiative parl. | Législation directe par la CPS | 3-5 ans | Les deux Chambres | Loi directement issue de la commission |
| 5. Initiative populaire | Modification constitutionnelle | 5-10 ans | Peuple + cantons | Rang constitutionnel, force obligatoire maximale |
Analyse de l'auteur :
Une initiative populaire pourrait être lancée sous le titre « Pour une acquisition d'armement indépendante ». Une esquisse d'article constitutionnel (art. 60a Cst.) comprendrait les points suivants : séparation institutionnelle entre l'utilisateur et l'acquéreur, obligation de transparence, approbation parlementaire à partir d'un seuil et examen technique indépendant pour les décisions de type.
L'initiative Stop F-35 a recueilli plus de 120'000 signatures et montre que les questions d'armement peuvent mobiliser. Même en cas de rejet, une initiative populaire peut déclencher un contre-projet du Conseil fédéral -- comme pour l'initiative pour des entreprises responsables.

Diagramme de Gantt : Les cinq voies politiques en comparaison temporelle. Le chemin critique recommandé (orange, en pointillés) passe par Postulat → Motion → Délibérations parlementaires.
[2] Rapport CPA Acquisition d'armement au DDPS (2007, PDF)
[3] Pour une analyse détaillée, voir Faiblesses d'armasuisse
[4] Stratégie d'armement du Conseil fédéral (juin 2025)
[5] Gouvernance d'entreprise de la Confédération -- Fondements (AFF)
[6] armasuisse Organigramme (août 2025, PDF)
[7] Library of Parliament Canada: Defence Procurement Worldwide (2019)
[8] DAPA Official Website (Corée du Sud)
[10] Government of Sweden -- FMV
[11] DE&S Annual Report 2024-25 (UK)
[12] DE&S Corporate Plan 2024-27 (UK, PDF)
[13] DGA Présentation (France)
[14] DGA Organisation (France)
[15] Australia Defence Reform (décembre 2025)
[16] Canada DIA Announcement (octobre 2025)
[17] Norton Rose Fulbright: Canada DIA Analysis
[18] Netherlands COMMIT
[19] OECD Recommendation on Public Procurement (2015)
[20] Transparency International Government Defence Integrity Index
[21] FINMA Organisation
[22] ENSI Organisation
[23] FINMA Ordonnance sur le personnel
[24] CDF Indépendance et autonomie
[26] FINMA Conseil d'administration
[27] Conseil de l'IFSN Compétences
[28] AFF Entreprises et établissements